OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Youtube et Creative Commons, qu’est ce qui change ? http://owni.fr/2011/06/14/youtube-et-creative-commons-quest-ce-qui-change/ http://owni.fr/2011/06/14/youtube-et-creative-commons-quest-ce-qui-change/#comments Tue, 14 Jun 2011 14:02:29 +0000 Lionel Maurel (Calimaq) http://owni.fr/?p=32225 Après avoir fait des études en sciences politiques et en droit public à l’Université des Sciences Sociales de Toulouse, Lionel Maurel (aka Calimaq) devient Conservateur à la Bibliothèque nationale de France.
Il s’intéresse tout particulièrement aux questions juridiques liées à l’activité des bibliothèques, notamment tout ce qui touche à la propriété intellectuelle et aux droits d’auteur. Ce sont surtout les aspects liées à l’environnement numérique et aux nouvelles technologies qui retiennent son attention.
Calimaq écrit sur le blog S.I.Lex, est membre de l’ADBS (Association des Documentalistes et Bibliothécaires Spécialisés) et participe dans ce cadre aux travaux de la Commission Droit de l’Information, ainsi qu’à l’action de lobbying de l’IABD (Interassociation Archives/Bibliothèques/Documentation).

La nouvelle a été saluée par plusieurs articles et commentaires (jusque sur le site du Monde.fr) : le site de partage de vidéos YouTube permet enfin , depuis cette semaine, de placer ses créations sous licence Creative Commons (uniquement la CC-BY 3.0 [en]). Cette décision de Google – propriétaire de YouTube depuis 2006 – marque sans doute une étape importante dans l’évolution des médias sociaux et une opportunité pour la diffusion de la Culture Libre. Néanmoins, j’aimerais prendre un moment pour essayer de cerner ce que ce passage aux Creative Commons va changer exactement. L’infrastructure juridique de YouTube est en effet très particulière, comparée par exemple à une autre plateforme de partage autorisant l’usage des Creative Commons comme Flickr, et cela n’est pas sans incidence sur l’effet des licences.

(Ci-dessous, la première vidéo en Creative Commons créée sur YouTube sous licence Creative Commons – émouvant !)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Entre Copyright, Copyleft et (surtout) Copydown

Vous êtes nombreux déjà à reprendre des vidéos de YouTube sur vos sites et sur vos blogs, en faisant des embed, c’est-à-dire en copiant un bout de code HTML permettant de visualiser la vidéo en streaming à partir du lecteur de YouTube sur votre propre site (c’est une fonctionnalité de base proposée par YouTube). Or j’imagine que rares sont ceux parmi vous à vous être demandés si vous aviez le droit de procéder à un tel acte, et surtout, sur la base de quel fondement légal…

C’est pourtant une question fort intéressante, car a priori, les vidéos postées sur YouTube sont des objets protégés par le droit d’auteur, et l’embed réalisant un acte de représentation des oeuvres (par le biais du streaming), il devrait être soumis à l’autorisation préalable des titulaires de droits.

C’est en fait en direction des CGU (Conditions Générales d’Utilisation) de YouTube qu’il faut se tourner pour s’apercevoir que l’embed de la plateforme repose sur une base contractuelle, indépendante des Creative Commons, et ce depuis fort longtemps.

On y apprend que l’utilisation de YouTube fait naître entre vous et la plateforme un contrat, précisant à son article 8 que :

Lorsque vous soumettez du Contenu sur YouTube, vous concédez [...] à chaque utilisateur du Service, le droit non exclusif, à titre gracieux, et pour le monde entier d’accéder à votre Contenu via le Service et d’utiliser, de reproduire, de distribuer, de réaliser des œuvres dérivées, de représenter, d’exécuter le Contenu dans la mesure autorisée par les fonctionnalités du Service et par les présentes Conditions.

Or dans la liste des fonctionnalités du service figure (dès l’article 1) le « Lecteur YouTube » qui permet de réaliser les embed. Autant dire que les CGU de YouTube utilisent le procédé contractuel pour « neutraliser » le jeu classique des règles du Copyright et étendre les droits d’usage sur les contenus.

J’ai déjà eu l’occasion de décrire ce phénomène à plusieurs reprises sur S.I.Lex (ici par exemple pour les images) et proposé de lui donner le nom de Copydown, pour le distinguer justement de l’effet des licences libres comme les Creative Commons (Copyleft). Le Copydown est un élément important de l’architecture des plateformes de partage de contenus, agrégeant des User Generated Content. André Gunthert avait déjà fort bien montré à propos des images, comment ce mécanisme contractuel, combiné avec la technologie de la lecture exportable, conduit à une forme de « mort du copyright« . En général, le Copydown comporte deux faces distinctes : d’une part, la plateforme utilise ses CGU pour se faire céder une licence non exclusive très large, lui permettant de « s’approprier les contenus » (Twitpic a fait parler de lui récemment à ce sujet) et d’autre part, la plateforme peut élargir les droits d’usage sur les contenus, en prévoyant des dispositions spéciales dans ses CGU.

Qu’en est-il maintenant de YouTube et du passage au Creative Commons ? Pour donner une comparaison, quand j’utilise Flickr, je prends toujours garde à vérifier que les images soient bien placées sous Creative Commons avant de les reprendre sur ce blog ou de les intégrer à un support de formation. Pour les vidéos de YouTube, on pourra désormais faire de même, en cherchant des vidéos sous CC, mais à vrai dire, rien n’empêchera de faire comme avant, et d’aller piocher dans l’immense réservoir de YouTube, à condition d’utiliser le lecteur de la plateforme. La réutilisation est possible en vertu de la « magie noire » des CGU de YouTube… et du Copydown qui court-circuite la règle de l’autorisation préalable.

Pour le commun des utilisateurs de YouTube (comme moi), le passage au CC ne change donc pas grand chose. C’est plutôt pour les amateurs de remix que l’usage des licences libres ouvrent de nouvelles perspectives… mais là encore, prudence !

Une base légale pour la pratique du remix vidéo, mais…

C’est à partir de l’éditeur vidéo de YouTube que l’on a accès à la bibliothèque d’œuvres sous Creative Commons de YouTube. L’interface permet de rechercher des vidéos réutilisables à partir d’un moteur, de les enchaîner en une seule œuvre et de les associer à un morceau de musique, bref de réaliser un mashup ou un remix. Il est clair que l’existence de cette nouvelle source de contenus sous licence libre va se révéler très précieuse pour tous les amateurs désireux de se livrer à ces pratiques. La réalisation d’œuvres dérivées ou composites constitue en effet, en principe, un acte relevant des droits patrimoniaux de l’auteur (droit d’adaptation) et nécessitant son autorisation préalable. Les Creative Commons sur YouTube vont donc contribuer à fluidifier les pratiques, en fournissant un matériaux a priori réutilisable.

Néanmoins, il faut sans doute relativiser la portée du passage aux licences Creative Commons sur YouTube, qui ne pourront à elles seules régler le problème légal posé par le remix.

Dans sa FAQ consacrée aux Creative Commons, YouTube prend ainsi bien garde de rappeler des consignes essentielles d’usage de ces licences, et notamment que l’on doit être titulaire de TOUS les droits sur une oeuvre pour pouvoir la placer sous CC.

Please understand that you may ONLY mark your uploaded video with a Creative Commons license if it consists ENTIRELY of content licensable by you under the CC-BY license.

Some examples of such licensable content are:

* Your entirely originally created content

* Other videos marked with a CC-BY license

* Videos in the public domain

Or pour une large part, les amateurs de remix apprécient de pouvoir réutiliser non pas seulement des contenus produits par des anonymes, mais plutôt de détourner des oeuvres  commerciales populaires, pour en créer des adaptations, des prolongements ou susciter des collisions inattendues.

Ainsi par exemple, quand DJLobster veut fusionner en un même objet musical improbable un morceau de Nirvana et un autre de Lady Gaga, il réalise certes un mashup [en], mais aussi une contrefaçon, et dans ce cas, les Creative Commons ne peuvent être d’aucun secours, car les droits sur ces musiques appartiennent à une major (EMI en l’occurence) fort peu enclines à l’usage des licences libres. Résultat : si vous allez sur YouTube pour écouter l’œuvre dérivée de DJLobster, vous constaterez qu’elle a été retirée suite à une plainte des titulaires de droits [en] et qu’il ne reste qu’une coquille vide (voir ci-dessous ou là).

Cliquer ici pour voir la vidéo.

C’est le même processus qui avait conduit au retrait massif l’an dernier de tous les détournements réalisés à partir de la fameuse scène de l’accès de rage d’Hitler, tirée du film La Chute. En un sens, ces exemples montrent que si les licences Creative Commons peuvent bien sûr apporter une contribution importante pour faciliter la pratique du remix, le champ de bataille fondamental reste celui de la loi sur le droit d’auteur et, plus particulièrement, des exceptions et limitations au copyright. Le vrai combat consiste à faire reconnaître dans la loi un droit d’usage des œuvres qui ait une force équivalente au droit d’auteur, sur la base de la liberté d’expression et de participation à la vie culturelle. Aux États-Unis, le fair use (usage équitable) constitue un point solide pour livrer ce combat en faveur de la Culture Libre, comme le fait EFF depuis des années. En droit français, il reste énormément de travail à accomplir, car on se trouve immédiatement rejeté sur le terrain des maigres exceptions de parodie ou de courte citation, qui ne peuvent constituer le support de réelles libertés créatives.

Pour maximiser l’effet de la combo YouTube + Creative Commons, il faudrait à présent que des gros fournisseurs de contenus acceptent de verser dans la bibliothèque de la plateforme des masses importantes de vidéos en les « libérant » sous licence CC-BY. Des chaînes de TV comme Al Jazeera, C-Span ou Voice of America ont déjà réalisé des apports importants de contenus sur YouTube ; il faut espérer à présent que d’autres suivent, et pourquoi pas (soyons fous !) que des organismes comme l’INA par exemple participe à ce mouvement ?

Dernière limite que je perçois à l’usage des CC dans le domaine de la vidéo : la grande complexité de la chaîne des droits en matière d’audiovisuel (voyez ici). Utiliser les licences Creative Commons sur une plateforme comme Flickr est relativement simple, car une photographie possède en général un auteur unique qui va concentrer les droits au moment de la prise du cliché. Le droit des images a bien sûr ses subtilités, mais la photo n’en reste pas moins un support relativement favorable à l’usage des licences libres. Pour la vidéo, les choses sont beaucoup plus complexes, avec des multitudes de titulaires de droits de nature différentes (droit d’auteur, mais aussi droits voisins des interprètes et des producteurs). Une complexité redoublée lorsque des musiques sont associées aux images animées, comme l’avait fort bien montré Michèle Battisti dans ce billet.

On trouve parmi les photos de Flickr des usages fautifs des licences Creative Commons (ici par exemple) et il y a fort à parier que ces problèmes seront également fréquents sur YouTube, même si la plateforme a pris quelques précautions pour faciliter l’emploi des licences.

(La YouTube Copyright School a quand même de beaux jours devant elle…)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La licence CC-BY 3.0 US comme seule option (et ses conséquences)

Flickr propose à ces utilisateurs toutes les options des Creative Commons, permettant d’aboutir à 6 licences différentes, élargissant plus ou moins les droits d’usage. Sur YouTube, le choix a été limité à la seule licence Creative Commons Paternité (CC-BY 3.0 US) et ce choix est sans doute lié à la complexité du droit de la vidéo pointé plus haut.

La licence CC-BY permet la réutilisation de manière très large, en permettant la réalisation d’œuvres dérivées et l’usage commercial, à la seule condition de mentionner le nom de l’auteur de l’œuvre originale. Ce faisant, YouTube évite les problèmes épineux posés par la condition NC (pas d’usage commercial) : la délimitation de ce qui est commercial ou ne l’est pas sur Internet est difficile à tracer (un rapport de CC International réalisé en 2009 [en] n’avait pas apporté de réponse définitive). D’autre part, YouTube évite également les problèmes posés par la clause SA (Share Alike – Partage à l’identique des conditions initiales), chère aux défenseurs du Copyleft, mais complexe également à mettre en œuvre comme a pu le démontrer la récente affaire Houellebecq/Wikipédia.

La Licence CC-BY (celle que j’ai choisie pour S.I.Lex) possède en revanche un effet libérateur très puissant sur les contenus. En réalité, elle permet la réutilisation dans des conditions même plus libres que si l’œuvre était dans le domaine public « naturel ». Car en droit français, une œuvre dans le domaine public est toujours soumise au droit moral, et notamment au droit à l’intégrité, empêchant qu’on la modifie ou qu’on l’adapte sans autorisation des titulaires de droit. On peut donc dire que  grâce à la CC-BY, YouTube va devenir un nouveau lieu de cristallisation des « Biens Communs Volontaires » et c’est une très bonne nouvelle.

Une autre bonne nouvelle, c’est que la licence CC-BY est compatible avec les usages collectifs des œuvres (usage par des institutions, usage pédagogique et de recherche, etc), alors que le Copydown des CGU de YouTube était assez ambigu sur ce point, car il se réfère souvent à la notion vague « d’usage personnel non commercial », pas exactement superposable avec l’usage collectif.

Relevons cependant que YouTube va proposer seulement l’emploi des CC-By 3.0 en version américaine et cela peut poser quelques problèmes en droit français, comme l’a relevé fort justement Michèle Battisti sur Twitter :

@Calimaq @paul_keller Oui, mais sous licence CC 3.0 US. Seule licence possible ? De quoi commenter, non ?

Certes le contrat est la loi des parties, et on peut théoriquement choisir n’importe quelle licence Creative Commons pour ses œuvres, mais certaines particularités du droit français (comme la loi Toubon, Art. 5  notamment) font que la validité des contrats est mieux assurée lorsqu’ils sont traduits en français. Or seule les licences CC 2.0 ont fait l’objet d’une traduction et l’on attend toujours celle des licences 3.0 par Creative Commons France

Une bataille, mais pas la guerre…

Malgré les réserves que j’émets dans ce billet, l’adoption des Creative Commons par YouTube constitue un changement notable, à saluer dignement comme un jalon pour la promotion de la Culture Libre. Ses effets concrets dépendront à présent de la manière dont les vidéonautes alimenteront la bibliothèque sous licence libre de YouTube et des partenariats qui pourront être noués avec de grands fournisseurs de contenus.

Mais comme je l’ai dit, selon moi, le combat décisif pour la Culture Libre ne peut se limiter à la sphère contractuelle, et c’est dans la loi qu’un véritable droit à la réutilisation créative doit être inscrit, à l’égal du droit d’auteur.

Billet initialement publié sur :: S.I.Lex ::

Image Flickr CC Paternité Giuli-O; conrado reis

]]>
http://owni.fr/2011/06/14/youtube-et-creative-commons-quest-ce-qui-change/feed/ 3
Gagnez en efficacité sur Twitter http://owni.fr/2011/05/23/gagnez-en-efficacite-sur-twitter/ http://owni.fr/2011/05/23/gagnez-en-efficacite-sur-twitter/#comments Mon, 23 May 2011 14:14:20 +0000 Culture Conseil http://owni.fr/?p=31978 Culture Conseil est une agence spécialisée en stratégies de communication sur Internet et en web-marketing culturel. Nicolas Bariteau (@cultureconseil), après avoir participé à des projets pure-player d’envergure (Evene.fr – Groupe Le FigaroRue89.com, ou Mk2 Multimédia) en tant que responsable web marketing, business development et directeur de la publicité online, choisit de se mettre au service des acteurs culturels et collectivités publiques souhaitant disposer d’une expertise en la matière.

Shane Steele, directrice commerciale et marketing de Twitter s’est récemment exprimée sur le système publicitaire de Twitter, autrement dit principalement les “Promoted Accounts”, “Promoted Trends” et “Promoted Tweets” et les bonnes pratiques de rédaction des tweets pour plus d’efficacité. Bien entendu, les caractéristiques d’efficacité des “promoted tweets” s’appliquent également aux tweets communs (ces propos ont été résumés en 8 points par John Bell dans son billet traduit sur le blog Choblab et repris ci-dessous).

Selon Shane Steele, la qualité des tweets les plus engageants pour les followers repose sur 8 critères :

Lien : 98 % incluent des liens
Hashtag : 72 % utilisent des hashtags
Temps réel : 70 % sont relatifs à du contenu frais
Call to action : 40 % incitent à passer à l’action (cliquer ici !)
Exclamation : 40 % utilisent le mode exclamatif (nouveau !)
Nouveau produit : 38 % annoncent le lancement d’un nouveau produit
Question : 24 % posent une question
Ludique : 22 % sont liés à un jeu ou un concours

Un tweet efficace pourrait donc présenter la forme suivante : « Téléchargez l’application iPhone du musée et gagnez 50 places pour l’exposition #Rembrandt qui vient d’ouvrir ! » ou « Envie de voir l’exposition #Rembrandt ? Gagnez des places en répondant à 3 questions sur notre site www.site.com. Faites vite ! Nombre de places limité ».

5 principes fondamentaux pour gagner des abonnés qualifiés sur Twitter

La course aux abonnés sur Twitter n’est pas une fin en soi, tout comme la course à l’audience pour un site Internet. Combien de personnes ont cherché à augmenter le trafic vers leur site grâce à un jeu concours puis à y fidéliser les joueurs ? Beaucoup. Mais pour quel résultats ? Toujours le même constat : une hausse de trafic aussi importante que passagère. Rappelons que la mise en place de jeux sert à récolter des adresses e-mail dans le cadre d’une stratégie relationnelle, soit constituer un fichier de prospects ou publics potentiels. En aucun cas, vous n’arriverez à les fidéliser.

Donc, si vouloir à tout prix développer le nombre de ses abonnés ne peut être une fin en soi, il n’en demeure pas moins qu’augmenter le nombre de followers s’avère nécessaire pour donner plus de visibilité au propriétaire du compte et favoriser la propagation des informations. Que vous soyez une institution culturelle, musées ou théâtre, un artiste musicien ou peintre, une association, une galerie d’art, le succès de votre communication sur Twitter passe nécessairement par le développement du nombre d’abonnés, mais de qualité bien entendu. Comme toujours, votre stratégie doit mêler quantitatif et qualitatif pour atteindre vos objectifs de communication de fréquentation ou de billetterie. Afin de formaliser quelques méthodes avérées pour avoir plus d’abonnés sur Twitter, Dan Zarella a réalisé une infographie (merci encore au blog Choblab.com pour l’info).

1. Dites et montrez qui vous êtes

Lorsque vous créez votre compte Twitter, ou celui de votre institution ou entreprise, Twitter vous demande de fournir 3 types d’informations personnelles : une description rapide de vous-même ou de la structure, un lien vers la page d’accueil de votre site, et enfin une image, votre portrait ou un logo. Ne négligez pas ces éléments, ils sont votre carte d’identité et vous caractérisent plus rapidement que la lecture de vos tweets ne peuvent parfois le faire. En navigant sur Twitter, vous pourrez vous rendre compte que nombreux sont ceux qui ne prennent pas le temps de le faire. L’absence d’image, photo ou création, remplacée par un avatar est pire que tout . Vous constaterez d’ailleurs que ces comptes ont généralement peu d’abonnés. Elle transmet le message suivant : « J’aime et je veux savoir ce que vous avez à dire, mais surtout ne cherchez pas à en savoir plus sur moi ». Bref l’antithèse de ce qu’est et permet Twitter.

2. Ne parlez pas que de vous

C’est là une évidence corroborée par les statistiques : les comptes Twitter qui ont le plus d’abonnés sont ceux qui s’ouvrent aux autres plutôt que de ne parler que d’eux-mêmes. Imaginez, comme aime à le dire Dan Zarella sur son blog, que vous rencontrez quelqu’un dans une soirée qui ne parle que de lui. Aurez-vous envie de prolonger ce monologue ? Je ne pense pas. Alors si vous voulez plus d’abonnés, parlez pour échanger et évitez un monologue.

3. Échangez et diffusez plutôt que de chercher à dialoguer

Quand vous comparez le taux de réponses des comptes Twitter avec plus de 1 000 abonnés et celui des comptes avec moins de 1 000 abonnés, vous vous rendrez compte que ceux qui possèdent le plus d’abonnés sont ceux qui répondent le moins. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Et pourtant il s’agit d’une constante, que vous ayez 1000 abonnés ou 1 million. Twitter est moins un lieu et un outil de discussion qu’un espace d’échange et de partage d’informations. Vous pouvez bien entendu poser des questions ou rédiger vos tweets de manière à susciter des réactions ou une participation comme nous l’avons vu au début de ce billet, mais n’envisagez pas Twitter comme une messagerie. Utilisez plutôt Facebook pour cet usage là. Sur Facebook, on rejoint une communauté pour discuter, alors que sur Twitter, on suit des éditeurs et sources d’informations pour partager les plus pertinentes.

4. Affirmez-vous mais soyez réaliste

L’expertise proclamée est-elle un critère d’influence qui justifierait un nombre d’abonnés au-dessus de la moyenne ? Les chiffres parlent : non ! Les comptes Twitter qui utilisent des termes tel « guru » ou « expert » pour se présenter ou parler d’eux ont en moyenne moins d’abonnés que les comptes officiels. Vous n’êtes pas ce que vous dites, ce que vous dites et faites parle pour vous.
Attention donc, lorsque vous souhaitez vous abonner à un autre compte Twitter, regardez ce que l’auteur du compte publie plus que la manière dont il se présente. Comment identifier un relai d’influence ou un expert si vous en cherchez un ? Consultez la liste des abonnés des comptes à qui vous apportez du crédit, et de ceux à qui ils sont abonnés. Il s’agit finalement d’un outil de recommandation indirecte assez efficace.

5. Soyez critique, acceptez-la, mais sans dénégation ni agression

Les commentaires ou réactions négatives, voire agressives, feront plus fuir vos abonnés qu’elles n’en attireront. Si l’on vous attaque directement ou si l’on propage des informations erronées voire mensongère à votre propos, ne répondez pas sous le coup de l’émotion. Répondez en restant factuel et non agressif mais ne faites pas l’autruche. Si vous avez une critique à émettre, ayez la même approche.

Article initialement publié sur : culture-conseil

Crédits photos CC Flickr : erin-m; crobj; joelaz

]]>
http://owni.fr/2011/05/23/gagnez-en-efficacite-sur-twitter/feed/ 1
Artistes, vous êtes votre meilleur outil marketing http://owni.fr/2011/04/08/artistes-vous-etes-votre-meilleur-outil-marketing/ http://owni.fr/2011/04/08/artistes-vous-etes-votre-meilleur-outil-marketing/#comments Fri, 08 Apr 2011 15:58:46 +0000 Robin Davey http://owni.fr/?p=31504 Robin Davey est un musicien, réalisateur de films et producteur né au Royaume-Uni et vivant actuellement à Los Angeles. Avec son groupe The Hoax, il a eu les honneurs du British Blues Hall Of Fame à l’age de 23 ans. Son groupe actuel, The Bastard Fairies, a été le premier groupe à proposer son album en téléchargement libre sur internet en 2006. Cet album s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Alors que les artistes rêvent que la musique avec un grand M occupe une place centrale dans l’industrie, dans la réalité, beaucoup d’éléments sont à mettre en place afin de pouvoir lancer une carrière.

Les dirigeants des maisons de disques et certains attachés de presse aimeraient vous faire croire que le grand M c’est pour le marketing. Ils adorent que tout le monde sache que c’est grâce à eux et leur stratégie qu’un artiste a émergé. En réalité, la raison pour laquelle un projet connait le succès, ça n’est ni grâce au grand M de marketing, ni au grand M de musique mais au grand M de “marketabilité” et cette qualité-là est entre les mains de l’artiste lui-même. Les artistes qui rencontrent le plus de succès, qu’ils soient mainstream ou qu’ils opèrent dans un genre de niche, sont ceux qui savent qu’il s’agit là de la clé pour grandir et vivre de son art.

Trop d’artistes échouent parce qu’ils mettent tous leurs oeufs dans le même panier. Ils négligent certains ingrédients qui, s’ils ne font pas clairement partie de l’équation, conduisent inévitablement à manquer des opportunités et à rater sa carrière.

La sphère dans laquelle vous pouvez faire connaître votre musique est plus large que jamais. Cela peut aller d’une couverture de magazine, à inciter un fan à partager votre dernière vidéo. Un magazine peut toucher des milliers de gens, ainsi inciter un millier de lecteurs à partager votre vidéo sur leurs profils, et le potentiel de la viralité exacerbe la portée de la publication physique.

Les stratégies aussi sont plus ouvertes. Etre un artiste des moins “marketables” peut bizarrement se trouver être un très bon outil de marketing, à condition que cette qualité soit utilisée à bon escient. Quoiqu’il en soit, ce sont les artistes qui doivent se montrer malins en étant conscients de ce qu’ils font et de la manière dont ils se présentent. Il n’existe rien de pire pour freiner une campagne qu’un artiste qui n’est pas à l’aise avec la façon dont on le présente.

3 éléments essentiels

Peu importe qui vous aide à marketer votre musique, il existe quelques éléments qui vous aiderons à être suffisamment marketable pour apparaitre en une de tel ou tel magazine, ou pour que des milliers de fans partagent vos liens sur leurs profils.

1. Vos compétences musicales :

Il existe une raison pour laquelle les footballeurs s’entrainent tout le temps; leur jeu doit rester à la pointe et leur forme demeurer olympique. Si vous souhaitez être un musicien pro, vous devrez adopter la même attitude. Votre esprit, votre voix et vos doigts devront être entretenus et devenir de plus en plus performants. Si vous pensez que votre talent inné suffira à faire votre notoriété, prenez l’habitude de n’être une star que pour vos amis et votre famille.

Quand quelqu’un parle d’une personne pour qui la musique coule de source, il ne fait pas référence à un être plus extraordinaire qu’un autre mais bien à quelqu’un qui a travaillé dur afin d’optimiser son talent, sans jamais baisser les bras. Le résultat de ce travail acharné, c’est que son aptitude à jouer devient naturelle. Nous pouvons tous marcher et parler, parce que nous le faisons constamment, tous les jours. C’est la même lorsque vous jouez d’un instrument ou chantez, vous devez vous plonger dedans dès que vous avez une seconde de libre.

Quand on monte dans un avion, on aime savoir que le pilote a effectué ses heures de formation. Quand vous êtes sur scène, vous êtes le pilote de votre public, et plus vous contrôlez le bon déroulé de leur soirée, plus ils seront receptifs.

2. Vos compositions

Une bonne composition est un excellent outil de marketing. Quoiqu’il en soit, n’avoir qu’une seule composition géniale, sans en avoir d’autres pour la soutenir, c’est se promettre une brillante carrière dans le karaoke plutôt qu’un succès aux VMA’s (MTV Video Music Awards, la grande cérémonie musicale de la chaîne aux Etats-Unis, ndt).

Tout comme l’apprentissage de la musique, la composition prend du temps afin de trouver le bon équilibre. Si par hasard il vous arrivait d’écrire et de sortir une chanson efficace trop tôt, elle pourrait condamner votre carrière à jamais. Plus vous écrirez, plus votre musique deviendra sincère et vos compositions meilleures. Trop d’artistes ne dépassent jamais le stade de l’imitation. Ils s’arrêtent de travailler pensant qu’ils ont découvert une formule qui leur permet de rencontrer leur public. Quand cette formule ressemble indéniablement à celle de quelqu’un d’autre, on peut trop souvent croire à tort qu’elle est marketable. Ce n’est pas le cas, car les gens sont capables d’entendre la différence. Même s’ils ne réussissent pas à vous le dire avec des mots, ils vous le feront comprendre en n’investissant pas à long terme sur vous et votre art.

Vous devez vous forger votre identité propre, sans quoi la comparaison avec Bob Dylan deviendra vite “il n’est qu’un Dylan de seconde main” et ça n’est pas bon pour votre carrière. Etre comparé à d’autres, c’est bien, mais si tout ce que vous pouvez faire c’est d’être comparé, vous ne tiendrez pas longtemps.

Ecrire vos propres chanson et être capable d’en écrire pour d’autres augmente considérablement votre marketabilité. Les collaborations sont très utiles quand il s’agit de séduire les fans des autres. Pas besoin de vous fixer tout de suite l’ambition d’écrire pour Lady Gaga; ça peut être pour un groupe local. Toute collaboration augmentera votre visibilité et votre merketabilitée.

3. Votre image

Comprendre ce qui vous va et vous met en valeur demande beaucoup d’implication de votre part. Il est très important que vous travailliez sur ce point. Ce n’est pas parce que vous réussirez à vous faire habiller par un super styliste pour une séance photo que vous n’aurez pas l’air de rien le reste du temps. Si vous savez ce qui vous va, vous pourrez tirer le meilleur de votre collaborateur sur ce point.

Pas la peine d’en faire des tonnes, pas la peine de vouloir choquer à tout prix, mais soyez d’être honnête et convainquant. Nirvana portait des jeans et des t-shirts déchirés, et les ados adoraient ça parce que ça leur semblait “vrai” et en cohérence avec leur style musical. Madonna a repoussé les limites de son époque avec succès parce qu’elle le faisait sans s’excuser. Tom Waits continue à jouer sur le personnage qu’il s’est crée, ce qui renforce son côté “authentique”.

Il n’y a pas de règle établie, mais si vous êtes un diplômé d’université orginaire des Hamptons (lieu de villégiature très uppé et prisé de la côte est des Etats-Unis, ndt), et que vous essayez d’incarner un vagabond californien, peut-être vous faut-il réviser votre stratégie. La meilleure façon d’être crédible est, comme je l’ai dit auparavant, d’être honnête. Si vous aimez faire semblant d’être quelqu’un d’autre, je vous conseille de devenir acteur. Au cas où vous ne seriez pas au courant, l’industrie de la musique ne paie pas très bien ces temps-ci, et la concurrence est féroce.

Le temps nous dira si le défilé de mode permanent de Lady Gaga donnera quelque chose sur sa carrière à long terme. Peut être que dans dix ans, en voyant un best of des années 2010 à la télé, on se dira “ah oui je me souviens d’elle, je crois qu’elle tient un karaoke dans le Texas, maintenant”. L’image de Gaga est clairement “marketable”. Est-elle durable pour autant ? C’est une toute autre question…

Pour conclure

L’honnêteté et le talent seront toujours les grands vainqueurs. Bien sûr, certains ont réussi dans le business de la musique et eu un minimum de succès pour de mauvaises raisons, mais il est de plus en plus rare que ce soit le cas. Vous voulez être célèbre ? Faites de la télé réalité, vos quinze minutes de gloire n’attendent que vous.

Vous voulez devenir un musicien à succès ? Dans ce cas, il faut vous accrocher. Comprendre qui vous êtes, pourquoi vous êtes comme ça, comment véhiculer tout cela au mieux etc. Cela demande du temps, de l’acharnement et, oh oui, une put*** de dose de boulot !

Article initialement publié sur Music Think Tank sous le titre “3 elements of music marketability” et traduit par Lara Beswick et Loïc Dumoulin-Richet

Crédit photos : Jinx!, Skip The Filler, agirregabiria

]]>
http://owni.fr/2011/04/08/artistes-vous-etes-votre-meilleur-outil-marketing/feed/ 2
Faites croître votre fan base sur Facebook ! http://owni.fr/2011/03/11/faites-croitre-votre-fan-base-sur-facebook/ http://owni.fr/2011/03/11/faites-croitre-votre-fan-base-sur-facebook/#comments Fri, 11 Mar 2011 13:08:13 +0000 Robin Davey http://owni.fr/?p=30843 Robin Davey est un musicien, réalisateur de films et producteur né au Royaume-Uni et vivant actuellement à Los Angeles. Avec son groupe The Hoax, il a eu les honneurs du British Blues Hall Of Fame à l’age de 23 ans. Son groupe actuel, The Bastard Fairies, a été le premier groupe à proposer son album en téléchargement libre sur internet en 2006. Cet album s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Robin publie sur le site américain Music Think Tank, ainsi que sur son blog personnel.

S’agissant de votre musique, les gens ont une préoccupation principale : ce qu’elle signifie pour eux et non pas ce qu’elle signifie pour vous. Ceci est une des leçons les plus importantes qu’un musicien puisse recevoir.

La naissance des réseaux sociaux a donné aux fans un aperçu des aspects les plus terre-à-terre de la célébrité. Le résultat, c’est une nouvelle “dynamique de la normalité”. Cependant, maintenant que tout le monde est sur Twitter, du batteur des Black Keys à l’Etat de Corée du Nord, le fait de distiller des informations au compte-goutte appartient au passé. Le courant s’est inversé.

Maintenant, il est temps que l’artiste utilise les réseaux sociaux pour apprendre à connaître ses fans. Facebook s’avère être l’endroit parfait pour obtenir des informations vitales sur ce qui fait réagir votre fan base. Voyez-le comme un questionnaire de satisfaction client accessible du bout des doigts !

4 manières de faire gonfler votre fan base

1. Allez chercher vos fans

Le fait de vous “liker” sur Facebook ne fait pas instantanément de la personne un fan. Cela ne veut pas dire grand chose tant que vous ne les avez pas fait pénétrer plus loin dans votre monde. Lorsque vous postez quelque chose sur votre wall, ceux qui vous suivent ont le choix entre “liker” votre contenu ou aller plus loin en commentant. Les raisons pour lesquelles ils sont devenus “fans” de vous sur Facebook peuvent être multiples, et votre musique ne figure peut-être pas si haut que vous le croyez sur la liste.

Peut-être ont-ils trouvé votre photo sympa, que le nom de votre groupe est cool, ou alors ils pensent que vous êtres le groupe qu’ils ont entendu à la radio. Si vous aimez une chanson ou un autre artiste, postez un lien sur votre page, et dites à quel point vous les aimez. Si vos “fans” apprécient aussi, vous êtes sur la bonne voie pour les amener à se connecter à votre musique.

2. Comprenez la fonction “like”

Lorsqu’un de vos posts est “liké”, il faut prendre un peu de recul. Ne vous prenez pas trop au sérieux parce que vous avez dit quelque chose qui a entraîné un clic sur le bouton “like”. Au contraire, dites-vous que si ces personnes ont cliqué, c’est qu’elles ont pensé que ce que vous avez posté les définissait d’une manière ou d’une autre. En faisant apparaître leur nom dans les commentaires, ils vous approuvent. Si vous obtenez un nombre de “like” supérieur à la moyenne, ce n’est pas juste que vous avez dit quelque chose d’intelligent, c’est que vos fans ont répondu à un élément dont ils se sentent proches. Essayez d’y trouver un modèle que vous pourrez affiner au fur et à mesure.

Avez-vous écrit quelque chose d’amusant, de profond ou de provocant ?
C’est un élément important, parce qu’il s’agit de faire revenir vos fans sur votre page. Vous pouvez les attirer avec des choses qui les intéressent, et une fois que vous les avez captés, il faudra leur en donner plus. Pourquoi pas leur proposer de télécharger un titre, ou d’aller encore plus loin en passant à l’achat.
Par exemple si vous avez été choqué par le résultats des débats autour de la Prop 8 ou si vous avez vu un sketch marrant à la télé, vous pouvez parier qu’il en va de même pour votre fan base. Si vous êtes passionné, les gens vont se sentir concernés et interagir.

3. Faites appel à leurs émotions

Un post qui les fait rire, réfléchir ou qui provoque une quelconque émotion a beaucoup de chances de les amener à jeter un oeil à ce que vous pouvez proposer musicalement. Les posts qui ne font que promouvoir votre musique, ou qui font la promotion d’un concert en permanence feront plaisir à votre noyau dur de fans, mais ceux-là ont normalement déjà été captés et sont inscrits à votre mailing list. Le “cliqueur” occasionnel sur Facebook n’est pas encore aussi engagé. Les annonces génériques et ennuyeuses ressembleront vite à du spam à côté de ceux qui partagent des éléments qui les passionnent.

4. Amenez vos fans plus loin

Tout le monde a peur des mêmes choses, il s’agit là de thèmes universels. Les gens sont à la recherche d’un endroit où se sentir bien et en sécurité, un endroit rassurant où ils savent que tout va bien se passer.

D’une certaine manière, il faut qu’à travers votre musique et vos interactions avec vos fans, vous inspiriez des sentiments positifs. Etre positif, c’est leur montrer qu’il y a d’autres individus comme eux, qui partagent leurs opinions, ou qui comprennent les moments difficiles qu’ils traversent. Etre positif, c’est aussi les faire rire, ou parce qu’ils cherchent quelque chose de spirituel que vous leur apportez d’une manière ou d’une autre. Ou au contraire, peut-être en ont-ils marre de la religion et sont à la recherche de pensées athées auxquelles les réflexions que vous proposez correspondent.

Pour revenir sur le premier point évoqué dans cet article, Facebook est l’endroit où vous devez savoir ce que votre musique signifie pour les autres, et pas seulement pour vous. Ne vous inquiétez pas si les gens réagissent mal à ce que vous dites, cela signifie juste qu’ils n’avaient pas vraiment compris votre musique au départ. Vous n’en auriez jamais fait des fans. Mais pour toute personne qui vous quitte parce qu’elle ne se sentait rien de commun avec vous, vous en trouverez dix autres qui auront été convaincues parce qu’elles aiment ce que vous représentez.

Quelques réflexions, pour finir.

Votre musique est une extension de vous-même, et la meilleure musique se transmet parce qu’elle se change en conversation avec le fan. Plus ils comprennent et se sentent proches de ce que vous pensez et ressentez en dehors de la musique, plus leur “conversation” avec votre musique sera profonde.
Réfléchissez bien à ce que vous choisissez de dire et ne bombardez pas les gens de posts disant “achetez notre album !” Mettez-les à l’aise avec des éléments intellectuellement stimulants. Si vous réussissez à faire ça, vous êtes sur la bonne voie, celle qui fera croire à vos fans que vous “aimer”, c’est être intrinsèquement plus cool. Plus important encore, vous aurez mis en place avec succès l’un des outils marketing les plus puissants : le bouche à oreille.?

A faire / A ne pas faire

A ne pas faire : submerger vos fans de messages concernant votre dernière sortie (single, album…). Ils passeront pour du spam.

A faire : partager des infos qui peuvent intéresser votre fan base, mais qui ne concerne pas forcément votre musique. Par exemple, une actualité par laquelle vous vous sentez concerné. Proposez un commentaire concis. Les fans aiment se sentir liés à ce que vous aimez, d’autant plus s’il apprécient les mêmes choses.

A ne pas faire : laisser votre manager poster sur votre page. Il faut que le ton soit cohérent si vous postez vous-même.

A faire : demander à vos fans leur avis sur telle ou telle chose. Créez le débat, et n’ayez pas peur d’insérer un réponse ici ou là, sans trop en faire cependant. L’idée ce n’est pas, sur 23 commentaires, d’en avoir 20 de vous !

A ne pas faire : parler de vous sans arrêt, du fait que le monde va bientôt réaliser à quel point vous êtes génial, et à quel point il est dur de ne pas être reconnu pour votre art. Tout le monde s’en fiche, à part votre maman peut être (Quoique. Elle en a sûrement marre d’entendre ça !).

A faire : donnez votre avis. Si vous avez une opinion tranchée sur un sujet, donnez-la. Cependant, relisez bien votre post et assurez-vous que votre pensée est bien structurée. Et si vous êtes alcoolisé au moment de la rédaction, peut être vaut-il mieux attendre le lendemain matin avant de poster !

Article initialement publié sur : Music Think Tank et traduit par Loïc Dumoulin-Richet

Retrouvez le blog de Robin Davey

Crédits photos CC flickr : escapedtowisconsin; Andrea Costa Photography, vincos

]]>
http://owni.fr/2011/03/11/faites-croitre-votre-fan-base-sur-facebook/feed/ 2
Artistes: pourquoi vous n’avez pas (encore) signé http://owni.fr/2011/03/10/artistes-pourquoi-vous-navez-pas-encore-signe/ http://owni.fr/2011/03/10/artistes-pourquoi-vous-navez-pas-encore-signe/#comments Thu, 10 Mar 2011 17:30:47 +0000 Martin Frascogna http://owni.fr/?p=30823 Nous apprécions particulièrement le point de vue d’avocat de l’Américain Martin Frascogna, que l’on ne rencontre pas souvent en France et pour cause : il existe peu d’avocats spécialisés dans les domaines de la culture et l’entertainement. Nous avons des avocats spécialisés en droit de la propriété intellectuelle mais peu qui gèrent les affaires de nos artistes. Le texte qui suit ne peut donc pas s’appliquer totalement au schéma français mais les conseils sont bons à prendre et peut-être trouverez-vous un acteur assez efficace pour faire office d’avocat à l’Américaine ;)

En tant qu’avocat de l’entertainement, mon travail est simple : aider les musiciens. Le fait d’aider signifie parfois qu’il faille révéler des vérités plutôt amères. Certains groupes mesurent leur succès selon s’ils sont signés sur un label ou non. Ceci est iréaliste. Etre signé ou pas ne signifie pas grand chose en réalité, malheureusement, beaucoup d’artistes pensent que leur échec est du à l’absence de soutien de leur label.

Au lieu de ressasser sans cesse leur mécontentement, les groupes doivent comprendre la dure réalité des choses : si un label ne le signe pas, c’est qu’il a de bonnes raisons. Ce sont ces raisons que les artistes doivent comprendre, analyser et appliquer afin de faire évoluer leur carrière. La pire des choses à faire (et pourtant la plus répandue), c’est de rendre responsable son entourage professionnel. “Si seulement mon manager avait fait ci….si seulement notre tourneur nous avait trouvé des dates plus importantes, ect…” C’est faux.

Ecoutez ce que les dirigeants de label ont à vous dire. Aimez-les ou detestez-les, que vous ayez été signé ou rejeté, ils font du conseil gratuit quand ils parlent. Ce sont des businessmen, ils comprennent le marché, et qu’importe si vous souhaitez avancer en tant qu’indé ou avec un label, vous resterez toujours votre propre “business”. Les sociétés doivent générer des revenus afin de survivre. Acceptez la critique. Pour les musiciens qui n’ont pas eu à faire à des dirigeants de labels, pas de soucis, soyez attentif. Voici cinq raisons pour lesquelles vous n’êtes pas signés. Utilisez ces conseils afin de faire progresser votre carrière ou même contourner les labels.

1. Votre groupe n’a rien d’extraordinaire

Aujourd’hui, tout le monde sait que la musique seule ne suffit pas pour être signé. La musique est en fait le point qui compte le moins pour être signé. Les labels sont à la recherche du point l’accroche unique, une accroche qui servira la mise en valeur du groupe. Plus encore, les labels recherchent des choses qu’ils n’ont pas déjà. Les groupes ont besoin de démontrer qu’ils ont percé dans une niche du marché à laquelle les labels n’ont pas encore accès. Montrez que vous avez séduit une niche et les labels sauront reconnaître que vous êtes celui qui leur en ouvrira ses portes. Si vous ne représentez pas une communauté, vous faites partie de la même catégorie que les milliers de groupes qui font la queue devant les portes des labels et qui attendent que vous sortiez du rang.

2. Vous n’avez pas la bonne attitude

Ne sous-estimez pas les conséquences qu’une bonne attitude peut avoir . Les labels s’impliquent dans une relation de business avec les artistes et la dernière chose dont ils ont envie c’est de faire des affaires avec un groupe pour qui être signé va de soi et qui plus est est arrogant. Vous ne trouverez jamais une industrie qui veuille faire des affaires avec un emmerdeur. Souvent, les groupes entrent en phase de négociation avec l’attitude suivante : “qu’est que vous allez bien pouvoir faire pour moi”. Faux. Afin de se défendre, ces mêmes artistes prétendent que c’est ainsi que les affaires se font. A la place, laissez votre avocat (ou représentant) négocier pour vous. C’est leur travail, ils ont des tactiques subtiles de négociation et savent sur quel point faire pression.

3. L’argent ne coule pas à flot

Contrairement à ce qui se dit, les labels n’ont pas d’argent. Il n’y a qu’un pourcentage très faible d’entre eux qui est en position de signer de nouveau projets. En plus de cette information déprimante, il y a encore moins de labels de qualité dont la légitimité est confirmée. Les artistes ne devraient signer qu’avec des labels (a) ayant une légitimité, (b) qui ont de l’argent pour le développement, (c) et qui ont un système de distribution établi.

4. L’importance du timing

Certains groupes ne sont tout simplement pas signés pour une histoire de timing. Vous avez beau avoir une offre en place, un bon système de livraison, une musique unique, et une niche solide sur laquelle vous pouvez compter, mais le label vous dit “non” quand même. Si ce label vous dit que ce n’est pas le bon moment, ils vous dit la vérité. Les cycles de l’industrie de la musique constituent un point important pour vendre et faire émerger un artiste. Si vous ne tombez pas au bon moment en termes de demande et de succès d’un genre, soyez patient, la tendance va tourner et tournera surement en votre faveur. A ce moment là, restez au top, soyez attentifs et approchez le label quand le timing est adéquat.

5. Trouvez-vous un bon VRP

Les groupes sont rarement signés et pour ce qui est de la direction artistique, elle est morte ou du moins, elle n’a plus d’influence. A moins qu’un label vous approche, ce qui est très rare, les labels entendent parler de musiciens via les avocats (ou intermédiaires). Les avocats de l’entertainement savent comment élaborer des propositions et plus encore, ils savent travailler avec les dirigeants de labels au quotidien. Ils savent quels labels ont de l’argent, lesquels signent, et qui ils sont susceptibles de signer. Votre avocat devrait être celui qui vous représente à chaque étape et à tous les niveaux, en indé ou en major. Mettez-les en avant et utilisez les afin qu’ils évoluent à vos côtés tout au long de votre carrière.

Article initialement publié sur Music Globalization et traduit par Lara Beswick.

Crédits photos : CC FlickR Scott Ableman, carolina naftali, leafar

]]>
http://owni.fr/2011/03/10/artistes-pourquoi-vous-navez-pas-encore-signe/feed/ 4
Vidéo et gestion des droits : ne faites pas n’importe quoi ! http://owni.fr/2011/02/07/video-et-gestion-des-droits-ne-faites-pas-nimporte-quoi/ http://owni.fr/2011/02/07/video-et-gestion-des-droits-ne-faites-pas-nimporte-quoi/#comments Mon, 07 Feb 2011 16:14:44 +0000 Michèle Battisti http://owni.fr/?p=30150 En prenant l’exemple du lipdub, Michèle Battisti fait le point sur les démarches administratives à accomplir lorsque l’on souhaite utiliser un contenu audio dans le cadre d’une vidéo promotionnelle. Des conseils utiles aussi bien pour un responsable marketing que pour les artistes qui voudraient se protéger de l’exploitation illégale de leurs morceaux.

Reprendre la définition

Un lipdub, ou clip de promotion est une vidéo réalisée en play-back et en plan-séquence par des collègues d’un milieu professionnel, généralement destiné à une diffusion sur Internet ou d’autres réseaux.

Établir la liste des droits

Si l’on utilise, par exemple, une chanson diffusée dans le commerce sous la forme d’un CD, il sera nécessaire d’obtenir des droits auprès de l’auteur de la musique et de l’auteur des paroles, voire auprès de l’arrangeur si l’arrangement s’avère lui aussi original. Il faudra également l’autorisation du producteur du CD de l’enregistrement utilisé (ne pas se tromper de version de la chanson) et celle de l’interprète qui bénéficient tous deux de droits voisins.

Une autorisation au titre du droit moral pourrait être envisagée, l’interprétation étant susceptible de porter atteinte à l’intégrité de l’œuvre lorsqu’elle est déformée par une mauvaise exécution, par une modification des paroles (ce qui sera sans doute simple à prouver, … à moins de démontrer que l’on est dans le registre de l’humour, la parodie étant une exception au droit d’auteur, et dans ce cas plus besoin de l’accord du parolier !), ou tout simplement pour avoir été utilisée à des fins non désirées. A cet effet, avant toute diffusion, il sera opportun de contacter les auteurs et les interprètes, voire leurs ayants droits si ceux-ci sont décédés.

C’est ce qui permettra d’exploiter l’œuvre musicale dans un cadre collectif sur internet, lors de divers évènements institutionnels, mais aussi sur l’intranet de l’entreprise, en n’oubliant pas de mentionner les auteurs dans les crédits.

Négocier les droits

Pour une diffusion sur Internet ou intranet, c’est la société de gestion collective Sesam qui sera votre interlocuteur. Comme Sesam ne représente, via la Sacem, que les auteurs, il faudra également contacter le producteur qui vous accordera souvent – mais pas toujours –l’autorisation des interprètes. Les auteurs peuvent – cas rare mais à envisager – n’être pas membres de la Sacem. Dans ce cas, il vous appartient de les retrouver.

Mais Sesam n’accorde pas le droit de télécharger l’enregistrement. Si vous souhaitez octroyer cet usage, il faudra contacter en outre la Sacem et le producteur.

En revanche, si le lipdub est diffusé lors d’une manifestation (assemblée générale, journée portes ouvertes, …), l’accord de la Sacem est suffisant car, dans ce cas, cette société de gestion collective représente également les sociétés de gestion collective de producteurs et d’interprètes. Si ce n’est que les auteurs et les interprètes doivent être directement contactés au titre du droit moral. Et oui !

Ne pas oublier

Lorsque la vidéo est réalisée avec l’aide d’une agence de communication, il faut régler par contrat outre la question de la prestation, celle des droits et, au titre du droit à l’image, il est prudent d’obtenir l’autorisation de ses collègues ou personnes apparaissant sur le clip. On ajoutera qu’il faut éviter de filmer des lieux protégés par le droit d’auteur et des lieux privés sans autorisation expresse, ou encore d’adopter des chorégraphies toujours sous droit, comme celles réalisées par Michael Jackson, pourtant si tentantes.

Je n’ai pas tous les droits

En cas d’infraction, une notification sera faite aux plateformes hébergeant votre vidéo qui ne s’embarrasseront pas de vérifier leur licéité, et supprimeront votre clip supposé contrefaisant ((La Sacem qui avait déjà négocié avec Dailymotion, a conclu un accord avec YouTube le 30 septembre 2010.  Depuis le 1er octobre 2010, la mise en ligne sur YouTube permet  de se passer de l’autorisation de la Sacem, mais pas de celle des producteurs de CD ni des artistes-interprètes que cette société ne représente pas (encore) ou portant atteinte à la vie privée, à charge pour vous de présenter les accords obtenus, dans une notification de contestation. Rappelons qu’une contrefaçon est passible d’une peine allant jusqu’à 300 000 euros d’amende et trois ans de prison. Mais rassurez-vous ! Avant tout procès, il peut y avoir négociation.

Comment éviter toutes ces démarches ?

En imaginant que vous-même ou l’un de vos collègues composiez la musique et les paroles, les arrangiez, créiez le scénario, procédiez à l’enregistrement et à son montage (au risque d’être moins percutant), et en cédiez expressément les droits à votre employeur. Vous pouvez aussi utiliser des chansons proposées sous une licence Creative Commons, lorsque la licence autorise un usage commercial et la création d’une œuvre dérivée, faute de quoi il faudra négocier auprès de l’ayant droit de la musique et des paroles pour réaliser votre lipdub qui représente une œuvre dérivée de l’œuvre première.

Vous avez tous les droits ?

Votre œuvre sera protégée à son tour. A vous d’en définir les usages ! Le lipdub de Justin notaire par exemple, autorise le mix, le karaoke, le téléchargement de photos etc. … – et d’en accorder les droits à des tiers, au coup par coup ou via une licence Creative Commons (ou une autre licence libre de votre choix), si celle-ci est compatible avec les utilisations qui vous ont été accordées.

Quelques règles

  • La vidéo, œuvre audiovisuelle est une œuvre de collaboration pour laquelle le producteur est présumé s’être fait céder tous les droits. Toute présomption contraire reste possible, à charge de le démontrer.
  • Une œuvre sera protégée par le droit d’auteur si elle est originale, soit « empreinte de la personnalité de son auteur ». L’œuvre musicale est une œuvre de collaboration, ce qui signifie qu’elle tombera dans le domaine public 70 ans après la mort du dernier des coauteurs. Les titulaires de droits voisins bénéficient de ces droits pendant 50 ans après la mise à disposition de l’œuvre.
  • Parmi les exceptions au droit patrimonial de l’auteur, on aurait pu s’appuyer sur la citation. Mais citer une œuvre musicale n’est pas admis (il est prudent de l’affirmer, en tout cas). Quant à la citation d’une œuvre audiovisuelle, qui doit être brève (ne pas représenter un extrait) et insérée dans une œuvre seconde, elle n’est pas appropriée ici. Comme il ne s’agit pas vraiment d’une parodie, conçue à des fins humoristiques (quoi que …), et que l’on se trouve dans un cadre institutionnel, cette autre exception au droit patrimonial de l’auteur ne peut pas être envisagée non plus.
  • Au titre du droit moral, l’auteur et l’artiste-interprète peuvent exiger de faire respecter leur droit de paternité et d’intégrité de l’œuvre. Ils disposent aussi d’un droit de divulgation et de retrait. Eux, puis leurs ayants droit, peuvent les exercer de manière perpétuelle. Le producteur qui dispose aussi de droits voisins ne bénéficie pas de droits moraux.
  • Une musique proposée sous licence Creative Commons n’est pas libre de tous droits. Selon le cas, la licence peut interdire de modifier l’œuvre, de l’utiliser à des fins directement ou indirectement commerciale, ou de la diffuser sous un autre contrat que le contrat initial.

Vous voilà prêt à aborder un nouveau cas

La prochaine assemblée générale se tiendra dans un manoir que vous avez loué. Vous payez un prestataire pour enregistrer cet évènement, le diffuser en temps réel, puis le mettre en ligne sur l’extranet de votre entreprise. Votre prestataire vous propose d’ « habiller graphiquement les images » et de créer des contenus pour le rendre plus « spectaculaire ».

Il faut donc à nouveau un contrat ad hoc avec l’agence de communication pour régler la question de la prestation et des droits d’auteur. Il faut aussi l’accord des propriétaires du lieu de tournage en prêtant attention aux œuvres encore protégées par le droit d’auteur qui pourraient s’y trouver : un tableau, une sculpture, etc., surtout si, par malheur, on devait les apercevoir par la suite en gros plan.

Il vous faut aussi l’accord exprès des intervenants qui doivent connaître les lieux de diffusion, en l’occurrence l’extranet de l’entreprise. Un accord tacite pour les autres personnes peut être envisagé, mais celles-ci doivent être informés – sur l’invitation, par exemple – que la manifestation sera filmée et du lieu de diffusion. Si vous songiez à d’autres usages, il est prudent de les mentionner immédiatement.

Votre vidéo est enrichie. Vous vous trouvez face à une œuvre composite pour laquelle il faut négocier les droits permettant l’insertion d’autres œuvres dans l’œuvre initiale – la vidéo – et une mise en ligne sur l’extranet, voire pour d’autres usages.

Et ainsi de suite ….

Article paru dans le n° 4, 2010 de la revue Documentaliste consacrée aux vidéos en ligne

>> photos flickr CC Reinis Traidas ; Daniel F. Pittago ; Terry Chay

]]>
http://owni.fr/2011/02/07/video-et-gestion-des-droits-ne-faites-pas-nimporte-quoi/feed/ 0
Le point sur le BureauExport http://owni.fr/2011/01/20/le-point-sur-le-bureauexport/ http://owni.fr/2011/01/20/le-point-sur-le-bureauexport/#comments Thu, 20 Jan 2011 11:04:40 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=29711 BureauExport c’est quoi, qui, comment, pourquoi?

C’est à l’initiative des producteurs phonographiques que le BureauExport voit le jour en 1993. Alors que les organisaitons de l’industrie musicale se structuraient, aux débuts de la French Touch, ils s’intéressent de plus en plus au développement international de leurs artistes.

Ils avaient besoin d’une structure sur laquelle ils puissent s’appuyer en terme de contacts et de support financier.

Les pouvoirs publics ayant pour rôle de soutenir l’exportation de produits culturels français et d’accompagner le rayonnement de la diversité musicale, le projet a tout de suite été relayé par Jack Lang, à l’époque Ministre de la Culture, l’objectif du projet étant d’offrir un outil pour aider la filière musicale à se développer à l’international. Pendant sept ans, le Bureau a bénéficié du seul soutien du Ministère de la Culture, le Ministère des Affaires Étrangères a rejoint l’aventure en 2000.

Le BureauExport est une Association de loi 1901 qui s’appuie donc à la fois sur un financement public à hauteur de 55%, mais aussi sur l’aide de la filière musicale à hauteur de 45% avec les deux sociétés civiles, SCPP, SPPF, la SACEM et dans une moindre mesure FCM et CNV pour les producteurs de spectacle.

L’équipe est constituée de 21 salariés dont 9 à Paris, 13 à l’international répartis entre Berlin, Londres, New York, Tokyo, Barcelone et Sao Paulo. Sophie Mercier, a répondu à nos questions. Elle a travaillé comme attachée de presse et responsable marketing des catalogues internationaux en France chez Pias pendant huit ans avant d’être nommée directrice du BureauExport: “l’aspect intérêt général et le côté international m’attiraient.” Nous lui demandons de citer un équivalent du BureauExport pour illustrer la structure qu’elle dirige:

L’équivalent du BureauExport c’est Unifrance pour le cinéma.

La structure comptait 310 membres en 2010 dont les deux tiers sont localisés en Ile-de -France. Deux fois par an, il leur est demandé de lister les trois ou quatre artistes prioritaires. En 2010, 157 sociétés ont obtenus des aides par les 5 différentes commissions:

- commission promotion (jusqu’à 10 000€ par projet)
- aides aux projets numériques (jusqu’à 10 000€ par projet)
- commission tournée (jusqu’à 10 000€ par projet)
- commission export (réflexion en cours avec le CNV)
- comission classique (jusqu’à 7000€ par projet)

Les aides accordées par le BureauExport sont de deux types:

- financier (support tour, promotion, stratégies numériques)
- conseil (mise en relation avec les représentants locaux, veille, expertise des marchés).

La seule condition pour pouvoir effectuer une demande d’aide auprès du BureauExport est d’en devenir membre. Cette “barrière” a été mise en place pour des raisons évidentes de gestion. Elle permet d’identifier les projets qui sont “prêts” pour l’export et promettent d’être bénéfiques pour le marché français. En effet, il parait cohérent de demander à ce qu’un projet ait atteint un certain stade de maturité avant de s’y investir.

Les professionnels peuvent effectuer autant de demandes qu’ils le désirent. La seule contrepartie étant cette fameuse adhésion. Une fois cet obstacle passé, la sélection se fait ainsi: “nous leurs fournissons les contacts, ils font les démarchent. S’ils s’investissent, on décide qu’ils sont prêt à être aidés.”

Si le BureauExport propose un soutien, il n’est ni un distributeur, un producteur ou un label. Il ne passe jamais de contrat avec les artistes qu’il soutient et ne se substitue pas à l’entourage indispensable au développement d’un artiste. Par exemple: “BureauExport se fait l’echo du réseau des expatriés mais ne se substitue en aucun cas au travail de promotion nécessaire sur place.

Le BureauExport n’est pas à confondre non plus avec un label au sens producteur, identité artistique, image, enregistrement… “il nous est arrivé de coproduire des compilations mais nous ne sommes pas un label.(…) Nous sommes proactifs dans le sens ou on monte des opérations comme par exemple des tournées sur des campus anglais pour lesquels nous lançons des appels d’offre à nos membres”.

Le #Burex accompagne la mutation

“Certains organismes publics au niveau de la filière ont une image un peu poussiéreuse, parce qu’ils restent sur des schémas qui sont datés. L’industrie a vécu une véritable révolution il y a 7 – 8 ans et il faut l’accompagner. Le point fort du BureauExport c’est d’être toujours à l’écoute et suffisamment souple. ”

Révolution numérique

On a très vite perçu les problématiques liées au numérique. Dès 2004 – 2005, on voyait ce qui se passait aux États-Unis, il fallait qu’on alerte les structures pour qu’elles s’organisent et que leurs catalogues soient accessibles à l’étranger. On s’est parfois retrouvés dans des réunions assez surréalistes, on avait clairement un train d’avance.

Certains ne s’étaient même pas posé la question au point de vue local. Encore une fois on a joué sur la mise en relation, on a fait venir des Américains, donné la parole aux premiers acteurs du numérique comme Believe en expliquant qu’ils pouvaient être de bons relais sans pour autant négliger de s’organiser en interne. Tout ça, c’était en 2004 – 2005.
Une fois les catalogues disponibles à l’étranger, le problème était de sortir du lot. La plupart des distributeurs en ligne ne proposaient pas de services promotionnels. En 2009, Bernard Kouchner, nommé au Ministère des Affaires Étrangères, a récupéré auprès du gouvernement une rallonge annuelle de 20 millions d’euros qu’il a décidé de consacrer au numérique. Nous avons effectué une demande et récupéré 520 000 d’euros pour aider la filière musicale française dans son développement numérique à l’international.

Le classique, une nouvelle priorité

Depuis 2004, on aide aussi les artistes de la musique classique à se développer. Une volonté du Ministère de la Culture, très vite relayé par la SACEM. Ça n’est pas le même réseau, pas la même manière de travailler l’artiste localement et ils bénéficient d’une commission spéciale pour les aides. En terme de musique contemporaines, c’est important pour la SACEM.
Le rapport Louis Bricart sur le disque classique a mis en avant le fait que la musique classique n’était pas du tout soutenue à l’international alors que par essence, c’est une musique essentiellement instrumentale donc plus internationale, car il n’y a pas la barrière de la langue.

De plus, ce secteur est loin d’être une niche. Il représente 20% du chiffres d’affaires des ventes des maisons de disques. Beaucoup plus élevé que le seul marché français, ou le classique ne représente que 7 à 8% des ventes.

Le nature des exportateurs change

Nous travaillons essentiellement sur de la production, nous ne nous investissons pas vraiment en termes de création. Pourtant, aujourd’hui, une grosse partie de nos aides va aux éditeurs. Pour ce qui est de travailler avec un compositeur soit avant même la diffusion, jusque là, nous n’avions jamais touché à ça. Le BureauExport s’est adapté aux changements de l’industrie puisqu’il y a dix ans, les producteurs et éditeurs ne travaillaient pas ensemble. La crise a fait que les intérêts ont convergé. L’initiative qui émanait des maisons de disques est désormais utilisée par d’autres. Aujourd’hui, certains éditeurs vont développer leurs artistes comme des producteurs. Nous essayons d’un autre côté de répondre aux demandes concernant la synchro.

Le #Burex, plus qu’un simple outil de mise en œuvre?

NB : être membre de l’un des organismes finançant du BureauExport est un atout important. (conditions d’adhésion au BureauExport)

Malgré l’intérêt évident d’une telle structure pour les activistes de la musique, l’ambiguïté de son statut et donc de ses intentions nous taraudent. Ce bureau, dont la mission est d’intérêt général mais financée en partie par l’industrie, comment parvient-il à rester neutre et pourquoi n’est il pas considéré par l’État comme un conseiller primordial.

La réussite du bureau, un peu un précurseur dans leur domaine, tient en grande partie à cette parité professionnels / public. Les équivalents du BureauExport à l’étranger sont souvent soit publics, soit pro. (…) Les pouvoirs publics ont eu l’intelligence de comprendre qu’ils pouvaient mettre jusqu’à 55% de budget mais laisser les professionnels dresser les grandes lignes de l’action.

Alors pourrait-on en conclure qu’en France les institutions publiques et les professionnels de l’industrie ont la même vision de l’intérêt général?
C’est au BureauExport de faire en sorte qu’ils aient la même vision.

Aussi, au vu de l’expérience et de leur expertise on se demande pourquoi, on ne retrouve pas cet observateur de premier rang plus souvent engagé dans les débats qui animent ses “investisseurs”?

Ce serait en effet intéressant, le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet était intéressé par notre point de vue. Mais si on reprend la problématique du rapport Hoog ou d’HADOPI, ce sont des sujets qui sont avant tout traités par les partenaires qui nous financent directement. On est avant tout sponsorisés par les producteurs phonographiques, on est pas aussi neutres que ça au niveau de la scène musicale.

Le BureauExport sur internet : www.french-music.org

Crédits photos : FlickR CC yorkjason; jfpickard; only alice

]]>
http://owni.fr/2011/01/20/le-point-sur-le-bureauexport/feed/ 1
Twitter expliqué à ta grand-mère http://owni.fr/2011/01/19/twitter-explique-a-ta-grand-mere/ http://owni.fr/2011/01/19/twitter-explique-a-ta-grand-mere/#comments Wed, 19 Jan 2011 14:03:20 +0000 Toc-Arts http://owni.fr/?p=29692 Meme si Twitter gagne en visibilité, pour beaucoup d’artistes, cela reste quelque chose d’abstrait. Il existe des milliers de guides sur Twitter, mais je n’en ai vu aucun qui peut donner une idée précise de l’intérêt, de l’usage de ce service mais aussi de sa culture à quelqu’un ne l’a jamais utilisé. Voici donc le guide Twitter pour les Toc-Arts, que j’espère simple et efficace, même pour les personnes peu enclines à l’informatique.

C’est quoi Twitter ?

C’est un hybride entre le blog et le tchat. Des actus affichées par ordre ante-chronologique, comme un blog, et sous forme de courts messages (moins de 140 caractères) comme un tchat.
Comme un blog vous pouvez publier des messages ou vous abonnez aux messages de quelqu’un (« Suivre » ou « Follow »), comme un tchat vous pouvez discuter avec une ou plusieurs personnes en temps réel.

Pour ceux qui connaissent Facebook, Twitter ca se présente comme une version simplifiée du mur d’actualité.

Un réseau d’information

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, Twitter n’est pas tant un réseau social qu’un réseau d’information. Si le réseau social  est avant tout centré sur les connections entre personnes, Twitter est plus centré sur les informations partagées.
Ainsi sur Facebook (réseau social) l’important c’est d’abord « qui je connais », puis « ce que je dis »,  sur Twitter c’est d’abord « ce que je dis » puis « qui je connais ».

Sur Twitter le contenu prime sur le contact, mais peut créer des rencontres très ciblées et des liens très forts entre des inconnus séparés par des milliers de kilomètres. C’est la l’un des aspects les plus fascinant de cet outil à priori simple.

Le bouche à oreille sous stéroïdes

Comme il est possible d’envoyer et de recevoir des message par SMS depuis son téléphone portable, il circule des informations en temps réel de partout dans le monde. Et ces informations peuvent se propager de façon virale en quasi temps réel, ce qui permet une foule d’usages intéressants, aussi bien le suivi en direct de feu de forets, conférences ou concerts, que des discussions entre inconnus et célébrités à l’échelle mondiale.

Les influenceurs sont là

Depuis ses origines Twitter a été le lieu de rencontres de personnes ultra connectées: blogueurs, accros des réseaux sociaux, bavards, … Même si les stars, le grand public, les marketeux et les spammeurs les ont rejoint depuis, Twitter garde une population de connecteurs très actifs. c’est donc une plateforme très importantes pour connaitre et se faire connaitre.

Attention à ne vous laissez pas tromper par les chiffres, si certains ont des milliers de contacts, cela ne signifie pas forcement qu’ils ont l’attention de ces contacts. Sur Twitter, la qualité prime sur la quantité et les influenceurs ne sont pas toujours ceux que l’on croient.

Le contenu est roi

Sur Twitter, je choisis de suivre les mises à jour de quelqu’un, je choisis donc qui j’écoute. Donc contrairement au mail ou à myspace qui transmettent des messages non sollicités, sur Twitter, ce que vous dites doit m’intéresser, sinon je ne vous écouterai pas ou pire je vous éliminerai impitoyablement de mes contacts.

J’attends donc que vous soyez « intéressant », notion certes assez vague, mais pleine de bon sens. Si la seule chose que vous avez à dire c’est « Premier album dispo sur les plateformes légales de téléchargement », laissez tomber vous avez tout faux.

Comme un ami j’attends que vous me parliez un peu de vous ou de ce que vous faites, mais pas avec ce ton pédant que les marketeux utilise ou ce ton à la 3eme personne que certains artistes se croient obligés d’employer en ligne. J’aime aussi les informations drôles, intelligentes, pertinentes, … mais surtout pas de spam. Sinon vous dégagez !

La conversation est reine

Si je devais donner une image, Twitter c’est un lieu comme la machine à café ou le coin fumeur, un lieu de rencontre où tout le monde passe à un moment ou un autre et s’arrête pour discuter. La discussion est donc reine sur Twitter. Encore une fois discussion ca ne veut pas dire seulement PARLER, mais aussi ÉCOUTER.

Twitter étant par nature public il est acceptable de rentrer dans les conversations des autres sans plus de formalités. Mais encore une fois il faut que ce soit à propos et intéressant. NO SPAM !

Comme dans la vie réelle, quand on s’adresse à vous, soyez poli et répondez. Sinon ne vous étonnez pas de rester tout seul.
Attention à l’overdose d’information

140 caractères max par message, c’est le coté génial de Twitter car ça oblige les bavards à être précis et faire court, ce qui permet de suivre un grand nombre de conversation sans trop d’efforts.

Malgré tout vu le nombre de messages postés ca peut vite devenir indigeste. Deux conseils: utilisez un bon outil comme TweetDeck (voir ci dessous) pour filtrer et n’essayez pas de suivre tous le flot de messages. Comme je l’ai lu quelque part,  buvez à la rivière, mais ne buvez pas la rivière (drink from the river, don’t drink the river).

Des outils à connaitre

- TweetDeck : un logiciel gratuit qui vous permet de gérer facilement vos listes de contacts, de gérer plusieurs comptes, mais ausi de suivre et mettre à jour plusieurs réseaux sociaux (Facebook, Myspace, LinkedIn, Buzz et Foursquare) le tout depuis la même interface. Un indispensable pour moi, meme si certains preferent Seesmic ou hootsuite.
- Bit.ly : un réducteur d’URL pour raccourcir et poster des liens en utilisant moins de texte. Bit.ly vous donne aussi des stats en temps réels sur le nombre de clicks.
- Mobile : il existe une foule d’applications pour téléphone portables, une recherche google pour votre modéle de télephone vous donnera des pistes.
- TweetPic, Yfrog, … : il existe plusieurs services qui vous permettent d’envoyer des photos depuis votre téléphone et de poster un lien vers
Twitter pour les partager avec vos contacts.

Des codes à connaitre

RT, #hashtag les conversations sont peuplées de caractères étranges pour les non initiés. Twitter comporte quelques outils et règles simple qui permette de communiquer de l’information de différentes manières, voici ce que vous avez besoin de savoir:

- RT = retweeter = faire suivre un message, très utilisé pour faire passer les information que l’on trouve intéressantes. Si vous ne commentez pas c’est considéré comme une approbation implicite.
- #Hashtag = un mot clés avec le symbole # (ex #musique) est un moyen d’aggreger les  conversations autour d’un thème ou d’un évènement particulier (ex – #lestrans pour les tweets a propos des transmusicales de Rennes).
- @pseudo : utiliser le symbole @ pour adresser un message à quelqu’un en particulier
- D pseudo : Mettez un D en debut de message pour envoyer un message privé à quelqu’un (la personne doit vous suivre pour que vous puissez faire cela, NO SPAM !!)

Des modes à connaitre

Les utilisateurs de Twitter ont developpés une culture et un vocabulaire propre, voici quelques modes utilisant des Hashtags à connaitre:

- #FollowFriday (#FF) : une mode consistant à recommander des utilisateurs que vous appréciez le vendredi. Très (trop?) utilisée, cette mode est parfois irritante quand les gens donnent juste une liste de noms. Utile seulement si vous donnez une raison de suivre quelqu’un.
- #Music Monday : une mode consistant a recommander de la musique que vous appréciez le lundi. Cette mode n’est jamais devenu aussi grande que le follow friday. Tend à être remplacé par #NowPlaying (en train d’écouter)
- #fail : pour décrire les ratés, parfois drole parfois enervés
D’autres modes apparaissent et disparaissent ainsi régulièrement.

Comment démarrer

Inscrivez vous, n’oubliez pas de remplir votre biographie, d’ajouter un lien vers votre site web, et de mettre une photo. Ces éléments montreront que vous êtes une vraie personne et pas juste un spammeur parmi tant d’autres.
Postez quelques Tweets puis commencez a suivre d’autres personnes. Twitter vous propose des personnes a suivre. Pour la suite, mieux vaut chercher vous mêmes les gens susceptibles de vous intéresser.
Trouver des gens a suivre sur les blogs, suggestions de Twitter, liste de blogueurs musicaux incontournables, guide Twitter de la musique, les RTs…

Encore une fois commencez pas écouter, lisez la bio des gens que vous découvrez, explorez quelques tweets pour voir de quoi ils parlent, … Twitter devient vraiment intéressant quand vous trouvez des gens drôles, intéressants,… alors ne faites pas que parler mais écoutez pour apprendre à connaitre les gens autour de vous.

Ma sélection promotion musique et web

Voici les personnes qui parlent de promotion d’artistes, musique et web en français et  que je suis régulièrement sur Twitter:

Virberg
Valery__
Gotsky
NeoMusicStore
mrbidibule
vivamusica
Ziknblog
iconoclaste
Mrcndrlprt
Sincever
IrmACTU
makno
gchampeau
charly_sddd

Edit : nous vous suggérons aussi de suivre, entre autres : @ownimusic, @reesmarc, @questlove, @MusiqueBusiness / @HugoAmsellem / @zdar

Même si je suis plus de monde, ce sont les personnes que je lis le plus souvent. Quant à ma liste de tweeple anglophones est plus orienté industrie de la musique et je la publierai dans un autre article.

Pensez votre stratégie

Pour que cela soit intéressant il faut y passer du temps et voir cela comme un projet sur la durée. Le but ce n’est pas d’avoir un compte de plus à gérer sans savoir pourquoi, sinon vous n’avancerez pas et vous vous lasserez vite. Comme tous les outils, le plus important est donc que cela s’inscrive dans une stratégie réfléchie (quel usage, combien de temps y consacrer, dans quel but, comment mesurez les résultats…).

Twitter pour les artistes

Après cette présentation un peu générale, je publierai régulièrement des articles sur l’usage de Twitter par les artistes avec des exemple plus concrets. Abonnez vous ou suivez @Toc-Arts sur Twitter pour la suite… En attendant le meilleur moyen de comprendre Twitter, c’est de l’essayer, j’espère que cet article aura répondu certaines questions et aiguisé votre curiosité.

Article initialement publié sur Toc-Arts

Crédits photos : Rosaora Ochoa, gaelx

]]>
http://owni.fr/2011/01/19/twitter-explique-a-ta-grand-mere/feed/ 8
Artistes, comment fédérer vos fans sur Facebook http://owni.fr/2011/01/19/artistes-comment-federer-vos-fans-sur-facebook/ http://owni.fr/2011/01/19/artistes-comment-federer-vos-fans-sur-facebook/#comments Wed, 19 Jan 2011 09:43:00 +0000 Philippe Dupuis http://owni.fr/?p=29664 Michael Jackson, Lady Gaga, Eminem, Rihanna, Megan Fox ou Vin Diesel sont des stars internationales que vous connaissez certainement. Mais savez vous également que leurs pages Facebook comptent chacune plus de 20 millions de personnes qui aiment ça (Fans) ?

Elles font ainsi partie du Top 15 des pages Facebook. Ces pages sont le parfait exemple qu’un artiste doit devenir une marque pour devenir une star et qu’une marque doit gérer sa relation avec ses fans à la manière d’un artiste pour exister.

Nous sommes donc ici à mi-chemin entre branding et personal branding. Aussi, il est utile d’observer comment ces stars ont pu fédérer d’immenses quantités de Fans en développant leur notoriété puis en gérant leur image et leur e-réputation, dans le contexte d’un territoire de marque bien défini.Voici donc 8 points clés pour fédérer et développer l’audience d’une Fan Page de Star.

Créer une histoire

Avant de faire quoi que ce soit pour se faire connaître, et développer sa notoriété pour fédérer ses Fans autour de sa page Facebook, un artiste doit créer sa propre histoire. Bien entendu aidé de son team, l’artiste doit imaginer son positionnement, ses valeurs, son image, son territoire, ses influences. Il doit aussi délimiter sa sphère publique et sa privée, avant de comprendre comment il va pouvoir se mettre en scène. Pour créer son histoire, l’artiste doit extraire de lui-même ses principaux arguments, son essence principale, sa différence et donc son originalité pour proposer au public ce qui a le plus de chances de lui créer des émotions.

L’artiste doit donc anticiper et créer son storytelling, il doit prévoir la façon dont il va dévoiler sa personnalité et/ou ses œuvres pour rencontrer son public. C’est une phase de réflexion préalable à la phase de séduction.
Lady Gaga qui est sans aucun doute l’artiste vivante la plus connue au monde à l’heure actuelle s’est fait connaître et remarquer en proposant un personnage unique, original, surprenant et imprévisible, en étant provocante sans pour autant dégager aucune agressivité. Cela a rendu sa “rebel attitude” mainstream et bon enfant.

Une fois son storytelling créé, la première des choses à faire est bien entendu de faire connaître l’artiste auprès de sa cible ou de se rappeler à elle, si l’artiste est déjà connu…

Retenir l’attention avec pertinence

Il est indispensable de retenir l’attention du public avec pertinence. Retenir l’attention ce n’est pas très compliqué, il suffit de faire parler de soi, en bien ou en mal. Cela passe bien souvent par la création d’un buzz : développer le bouche-à-oreille autour d’un artiste.

Mais retenir l’attention avec pertinence c’est plus élaboré, plus complexe. Il faut que le point de contact entre l’artiste et sa cible corresponde, soit compatible avec une stratégie de développement de notoriété ou bien être hyper impactante. Cette entrée en contact doit donc être cohérente avec un début d’histoire qui va se construire à moyen terme ou être si marquante que l’artiste sera immédiatement identifié à l’avenir.

Si l’attention n’est pas retenue, ou bien si elle est retenue sans pertinence, ce sera un coup d’épée dans l’eau car rien ne pourra être construit par la suite.

Quoi qu’il en soit, retenir l’attention avec pertinence implique pour un artiste dans bien des cas d’offrir des contenus.

Offrir des contenus

Quel meilleur moyen pour un artiste de se faire connaître et de faire connaître son talent que de diffuser ses contenus, notamment en profitant de la formidable plateforme favorisant la viralité qu’est Facebook ?
C’est par exemple ce que vient de faire BOOBA pour lancer son nouveau clip et relancer l’actu autour de son derrière album, en prenant le soin au préalable de créer un teasing en attendant la 1ère diffusion à une heure précise.

Diffuser un contenu auprès de ses Fans ou simplement de sa cible permet de donner avant de recevoir, l’artiste va pouvoir fédérer ses Fans et recueillir leurs impressions.

Être à l’écoute de vos Fans

Diffuser un contenu présente de nombreux avantages : l’artiste va générer des réactions, du bouche-à-oreille, de la recommandation entre pairs et le public va pouvoir le juger sur pièce. Pour être en phase avec sa cible, l’artiste doit nécessairement être à l’écoute du public. Sans engouement, l’artiste ne provoquera aucune attente, aucune désirabilité.
Plus il suscitera d’engouement, plus il pourra convertir ses cibles en Fans. En donnant avant de recevoir, l’artiste va pouvoir fédérer ses Fans et recueillir leurs impressions pour améliorer, adapter ou ré-orienter sa production, ou bien au contraire, persévérer dans sa direction artistique.

Il est donc indispensable qu’un artiste soit à l’écoute de ses Fans car ce sont eux qui feront ou non son succès. Mais être à l’écoute ne signifie pas pour autant se conformer au desiderata du public. Un artiste doit étonner, surprendre et innover pour créer des émotions.

Etre à l’écoute signifie simplement que l’artiste doit observer les réactions du public. Mais pour aller plus loin, l’artiste a tout intérêt à créer des discussions.

Créer des discussions

Dès lors qu’un artiste parvient à fédérer un minimum de Fans, il a tout intérêt à échanger avec eux. Encore une fois, cela lui permettra de mieux les comprendre et surtout, il créer avec eux un rapport de confiance et d’admiration encore plus fort. Plus ces premiers Fans seront convaincus, plus ils seront vaillants pour aller eux-mêmes évangéliser et recruter de nouveaux Fans. Ils se sentiront investis d’une mission, ils seront les influenceurs et les ambassadeurs de l’artiste.

En outre, créer des discussions génère du débat et donc de la contradiction. Plus une discussion sera ouverte, plus elle aura de chances d’impliquer un grand nombre de Fans déjà conquis ou futurs…

Les discussions permettent aussi de créer une communauté avec des échelons naturels selon l’implication de chaque Fan, une hiérarchie sociale se mettra naturellement en place avec des leaders et des suiveurs.

Bref, la discussion autour d’un thème propre à l’artiste lui sera bénéfique dans bien des cas. Mais il faut bien entendu que cette discussion soit franche et sincère afin de nouer une relation de confiance durable.

Nouer une relation pérenne

En effet, une fois les fans fédérés, il ne faut pas les décevoir. La relation fans – artistes doit se construire de façon pérenne afin que chaque Fan soit susceptible d’être un ambassadeur pour l’artiste. Chaque attention, chaque geste fait en direction des Fans par l’artiste pourra créer un “tsunami d’évangélisation” se soldant par un grand nombre de nouveaux Fans.

Il va de soi qu’une relation pérenne doit se construire dans une confiance réciproque. Aucune trahison ni déception ne sera tolérée sans provoquer de méfiance voire de distance. Les Fans ont besoin d’un artiste fédérateur qu’ils pourront admirer ou auprès duquel s’identifier. C’est LA raison pour laquelle, bien que mort, Michael JACKSON reste l’artiste le plus populaire et celui totalisant le plus grand nombre de Fans sur Facebook.

Michael JACKSON a su créer une relation forte avec ses Fans générant perpétuellement des interactions (bien avant la naissance de Facebook d’ailleurs).

Provoquer des interactions

Sur une page Facebook, il est essentiel de générer des interactions : J’aime / Commenter / Partager. Ces interactions créent de la viralité intrinsèque et déterminent la mise en avant des contenus de la page. Plus un contenu provoquera d’interactions, plus il sera vu, cela accélérera d’autant la croissance de nombre de Fans.

Michael Jackson, Lady Gaga, Eminem, Rihanna, Megan Fox ou Vin Diesel génèrent plus de 20.000 J’AIME et plusieurs milliers de commentaires à chaque publication d’un nouveau statut

Récompensez vos Fans

Enfin, un artiste ne doit jamais oublier ses Fans, il doit aussi souvent que possible les récompenser pour leur fidélité et leur activisme. Un artiste doit donc remercier ses Fans, par des attentions, des mots, voire des cadeaux. Ainsi pour chaque nouveau titre, clip, chaque nouvelle actu, il doit partager cet instant avec ses Fans.

Cela flattera l’ego des Fans et renforcera leur identification ou admiration. Cela donnera aussi un sens fort au fait d’être Fan de sa page Facebook : pour avoir la primeur ou obtenir des avantages exclusifs ou en avant-première, il faut être Fan.

Pour boucler la boucle, récompenser ses Fans passe souvent par des contenus offerts…afin de relancer l’actu, etc !
Voici donc 8 points clés permettant aux artistes de fédérer et développer des audiences de Fans très importantes. Tous ces points sont bien entendu transposables à l’univers des marques, à la différence près qu’une marque ne peut pas être autant personnifiée qu’une star…

___

Cet article a été initialement publié sur DarkPlanneur

Phillipe DUPUIS aka WEBENTERTAINER est e-marketer spécialiste de la Génération Y.

Crédits photo CC  Flickr : joshfassbind.com, Laughing Squid, escapedtowisconsin

]]>
http://owni.fr/2011/01/19/artistes-comment-federer-vos-fans-sur-facebook/feed/ 6
Artistes: donner votre album a du bon http://owni.fr/2011/01/14/artistes-donner-votre-album-a-du-bon/ http://owni.fr/2011/01/14/artistes-donner-votre-album-a-du-bon/#comments Fri, 14 Jan 2011 14:42:33 +0000 Jim Grobecker http://owni.fr/?p=29566 Jim Grobecker développe des stratégies marketing pour des artistes et des marques. Il possède son propre site et publie également sur Music Think Tank.

C’est un fait : tout le monde télécharge de la musique gratuitement.

Sean Parker, connu pour être l’un des fondateurs de Napster a récemment affirmé dans une interview si l’on “regarde les chiffres, c’est entre 4 et 10 milliards de titres qui sont téléchargés illégalement chaque année, contre environ 4 milliards de téléchargements légaux”.

La musique sera toujours présente sur les plateformes de partage de fichiers et les internautes continueront à télécharger de la musique gratuitement, mais pour les artistes, enregistrer est encore plus important qu’avant. Les contenus enregistrés ont une nouvelle raison d’être. En effet, ils ne seront plus une source de revenu directe pour les artistes, mais serviront aux consommateurs de point d’entrée dans la “marque”. Les revenus seront générés par les produits dérivés ou les places de concerts, ou encore par le biais de partenariats avec des marques cherchant à s’associer avec des artistes pour relayer leurs valeurs. La solution au problème du partage de fichiers passe par une meilleur gestion de leurs enregistrements de la part des artistes en créant par exemple sur leur site web une page d’entrée (ou landing page) dédiée à l’hébergement des fichiers en téléchargement.

Votre landing page vous veut du bien.

De nombreux facteurs définissent la manière dont les sites apparaissent dans les moteurs de recherche comme Google ou Bing. Jetons un œil aux facteurs de classement les plus importants qui asseyent l’autorité d’un site (classement basé sur le nombre de liens pointant vers votre site et sur la qualité de ceux ci), afin de souligner l’importance d’avoir une landing page contenant un lien de téléchargement gratuit :

- Les liens entrants : mènent vers votre site depuis d’autres blogs ou sites. Ces liens sont garants de l’utilité et la réelle valeur de votre contenu.  SEOmoz, leader dans le domaine du marketing en ligne et des algorithmes de classement, affirme que dans  24% des cas, le référencement provient de la notoriété globale du domaine, 22%  de la popularité du lien sur la page qui renvoie vers votre site, et 20% du texte utilisé dans ce lien. Les liens représentent donc 66% de la capacité d’un site à apparaître das les résultats d’une recherche.

Exemple : Wikipedia.org apparaît souvent très haut dans les résultats de recherche. Selon le site Yahoo Site Explorer, qui répertorie le nombre de liens d’un site, Wikipedia a plus de 8,2 millions de liens, qui plus est de sources très reconnues. C’est pourquoi Wikipedia apparaît dans les premiers résultats de recherche.

- Mots-clés : ce sont les termes que l’on utilise pour améliorer le référencement en les incluant dans le titre de la page d’entrée, l’url ou partout ailleurs sur la page. Les mots-clé correspondent à 15% environ des algorithmes de référencement. Gardez à l’esprit que même les mots-clés n’ont pas la même valeur que les liens, vous pouvez les contrôler plus facilement que les liens entrants.

Exemple : tapez “Rival Schools Torrent” dans Google et vous verrez que le premier résultat est un lien vers la landing page Piratebay.org. Elle contient les mots “Rival School” dans son titre ainsi que dans l’url ce qui a une incidence sur le référencement de cette page pour cette recherche en particulier.

Les réseaux de partage de fichiers contrôlent les liens de téléchargement gratuit.

Les internautes sont à la recherchent de musique gratuite sur la toile, ce qui bénéficie pour le moment aux sites de partage de fichiers. Il y a 6,2 millions de liens vers Piratebay.org, 6,4 millions pour Isohunt.com, 2 millions pour Utorrent.com et 3,8 millions pour Mininova.org. Ces liens sont attachés à des noms d’artistes et d’albums qui sont des mots clé que les internautes utilisent pour trouver de la musique en ligne. Pour cette raison, les sites de partages de fichiers sont souvent mieux classés dans les recherches que les sites des artistes eux-mêmes. Il suffit d’une fois pour convertir un fans au téléchargement illégal.

Comment capitaliser sur le partage de fichier contrôlé par les artistes ?

Lorsqu’un artiste crée une landing page dédiée contenant un album en téléchargement gratuit, les meilleurs sont souvent linkés. Plus les artistes seront linkés, plus ils supplanteront les sites de file sharing dans les moteurs de recherche et au final détourneront le trafic de ces sites. C’est le principe du file sharing contrôlé par les artistes, qui bénéficie directement aux artistes individuellement. Prenons un exemple :
Girl Talk, aka Gregg Gillis a sorti un nouvel album intitulé “All Day le 15 novembre dernier sur le label Illegal Art en tenant compte de ces concepts. Le disque était gratuit et hébergé sur une landing page, donnant ainsi 4 informations intéressantes:

1. Girl Talk s’est fait linker 14903 fois. Liens qui, sans landing page, auraient orienté vers les sites de file sharing. Le site de Girl Talk a été mentionné par des sites de référence comme Mashable.com et MTV.com, bénéficiant ainsi d’un meilleur référencement.

2. Hausse considérable du trafic le mois de la sortie. En regardant les statistiques grâce à Compete.com, on observe qu’entre mai et octobre, le site avait reçu 3025 visiteurs uniques. Pour le seul mois de novembre, on est passé à 211 111 VU.

3. Lorsque l’on tape “Girl Talk Download” dans Google, la landing page de GT arrive devant les sites de file sharing dans le résultats de recherche. Cela montre que le recours à ces sites devient inutile. C’est exactement comme ça que les artistes devraient utiliser le partage de fichier.

4. Les références à Girl Talk sur les réseaux sociaux ont explosé durant la semaine de sortie de l’album. La semaine du 15 au 22 novembre 2010, on compte 18,5 million de mentions sur Facebook et Twitter, contre 15 tweets la semaine précédente. Ces mentions on développé la “marque”  et encouragé les liens vers le site de l’artiste.

Optimisez votre landing page.

Il est clair qu’un album en téléchargement gratuit attirera les liens et les nouveaux visiteurs. Une landing page bien pensée transformera ces visiteurs en consommateurs. Faites en sorte que cette page soit une meilleure expérience pour l’internaute que les sites de partage de fichiers. Gardez à l’esprit que tout le monde n’attend pas la même chose d’un site web. Chaque visiteur est à un stade différent du processus d’achat. Certains connaissent déjà bien la musique et la “marque”, d’autres non. Considérez le processus d’achat comme un entonnoir. Le contenu enregistré est la partie haute de l’entonnoir, et constitue le point d’entrée dans le cycle d’achat et la marque de l’atiste. Une fois dans l’entonnoir vous devez guider le consommateur jusqu’en bas, jusqu’à la vente.

Les visiteurs qui viennent pour la première fois voudront découvrir l’album. Proposez un formulaire d’inscription à une newsletter, des liens vers vos profils sur les différents sociaux (ShareThis propose un tas de très bons plugins et de boutons personnalisables). Cela permettra à vos consommateurs de rester en contact avec vous et de revenir à la landing page lorsqu’ils seront prêts à passer à l’achat. Pour ces visiteurs “revenants” qui sont tombés amoureux de votre musique, il existe une immense opportunité de vendre du merch, des places de concert, et des coffrets exclusifs réservés aux super-fans. Tout cela doit se trouver sur la landing page. De la bonne musique vous permettra de vendre des produits dérivés.

Enfin, optimisez votre landing page en y plaçant des mots-clé spécifiques pour apparaître correctement dans les recherches. Faites une recherche avec “Google Keyword Tool” (assurez vous que vous avez coché l’option “exact match”). Lorsque vous ajoutez des mots clés sur votre site, mettez vous dans la tête d’un consommateur potentiel à la recherche de nouvelle musique. Essayez de voir à quel niveau de résultat arrive la recherche “votre nom torrent”. Le mot-clé “torrent” fait l’objet d’environ 151 millions de recherches chaque mois. C’est comme ça que les gens cherchent de la musique sur Internet.

Est ce que le fait de vendre 10€ un album qui de toutes façons se retrouvera sur les sites de file sharing a plus de poids que de l’offrir sur le site de l’artiste, générant ainsi un grand nombre de liens vers ce site ainsi que de meilleurs résultats de recherche, des ventes de merch, de places de concert et une présence en ligne plus efficace et durable ? Le partage de fichiers a déjà changé le paysage musical. C’est maintenant aux artistes de changer le paysage du file sharing.

Article initialement publié sur Music Think Tank

Traduction : Loïc Dumoulin-Richet

Crédits photos : FlickR CC Carlos-maya, niklaswikstrom, randradas

]]>
http://owni.fr/2011/01/14/artistes-donner-votre-album-a-du-bon/feed/ 3